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picto Mon chien a peur de tout…


Certains chiens sont d’un tempérament extrêmement craintif… à tel point que la vie avec eux devient une vraie catastrophe : le moindre bruit et ils se couchent ventre à terre ; des invités à la maison et les voilà qui urinent sous eux ou se terrent sous les meubles, ne parlons pas des promenades où la moindre rencontre inopinée d’autres personnes, d’autres chiens les fait fuir, et des orages, feux d’artifice qui les mettent en transe pour trois jours !

Avoir un tel chien lorsqu’on mène une vie active en milieu urbain peut vite devenir, sinon une calamité, du moins une préoccupation de tous les instants.


Peut il s’agir  d’une maladie ?

 

Parfois ..

Il existe chez le chien comme chez l’homme des troubles phobiques (phobies "ontogéniques", résultant des conditions de développement du chiot, phobies post-traumatiques) qui doivent être traitées précocement sous peine de s’amplifier.

Il existe également un trouble du développement comportemental appelé "syndrome de privation" qui comprend plusieurs stades d’évolution. Ce trouble qui est une vraie entité pathologique doit faire l’objet d’un diagnostic précis et être traité le plus précocément possible car il est très handicapant pour le chien.


Quels sont les symptômes qui peuvent alerter le propriétaire ?

 

L'exploration inhibée :

Le chien donne l’impression d’avoir peur en permanence : peur d’explorer un nouveau milieu, peur d’aller vers des inconnus. Il se dérobe si on veut l’approcher. Il peut fuir pour se soustraire à l’objet de sa crainte, au mépris de tout danger. Il peut adopter certaines postures caractéristiques : cou tendu, patte avant levée, immobile, oreilles et arrière du corps en position basse, figé dans l’attente. Il est parfois quasi impossible de promener ces animaux à l’extérieur.

 

Les manifestations physiques :

 Il  tremble comme une feuille, rentre la queue sous les pattes, halète, son cœur bat la chamade… Il salive abondamment, urine sous lui, vomit ou peut même présenter des diarrhées !

 

L'agressivité :

 Parfois la meilleure défense c’est l’attaque ! Lorsque dans certaines situations,  le chien se retrouve acculé face à un stimulus qui le terrorise, il va grogner, se recroqueviller et parfois produire par peur des  agressions vulnérantes, dangereuses car elles ne sont pas contrôlées, l’animal luttant en effet ainsi « pour sa survie ».

 

La désobéissance :

 Les chiots en syndrome de privation sont très difficiles à éduquer correctement car ils ont beaucoup de mal à se concentrer sur la demande du maître, étant sans cesse sur le qui vive et prêts à fuir un potentiel danger !

 

La malpropreté :

Les chiens atteints de syndrome de privation peuvent présenter des difficultés d’apprentissage de la propreté, car ils ne parviennent pas à être suffisamment à l’aise et détendus en milieu extérieur et ne pourront s’exonérer qu’à la maison, lieu où ils se sentiront suffisamment en sécurité pour adopter la position vulnérable nécessaire.


D’où proviennent ces troubles ?

 

Les réactions phobiques sont des réactions de peur ou de crainte amplifiée déclenchées par des objets ou situations appartenant  à l’environnement habituel et face auxquels le chien ne parvient pas à développer la réponse adaptative nécessaire.

 

Elles peuvent survenir à la suite d’un traumatisme initial intense auquel le chien n’a pu se soustraire (par exemple : chien traumatisé par tout visiteur à la suite d’un cambriolage « musclé », chien phobique de la voiture à la suite d’un accident de circulation).

 

Les réactions phobiques peuvent également se rencontrer quand le chiot, pendant la période favorable à la découverte (avant 12 semaines) a été privé de stimulations riches et variées (par exemple : chiot élevé à l’écart, loin des bruits de la vie quotidienne, en chenil isolé ; chiot élevé sans contact chaleureux avec des humains) ou lorsqu’il a été privé du contact apaisant d’une mère rassurante (chiot séparé précocement de sa mère, mère malade, trop jeune, portée trop nombreuse) : c’est la raison pour laquelle la vente des chiots est interdite avant l’âge de 8 semaines (article 215-5-1 du Code Rural).

Le chiot n’apprend pas à considérer les stimulations de la vie ordinaire comme normales et va réagir à tout avec des réactions excessives de crainte ou de peur sans avoir la possibilité de s’apaiser et de s’habituer progressivement à ces situations anxiogènes.

 

Un chiot présentant de multiples phobies peut être victime du « syndrome de privation » qui  est  un des principaux  troubles du développement comportemental, c’est à dire qu’il prend son origine dans les premières semaines de la vie du chiot et a des conséquences sur le développement ultérieur et à long terme.


Quelles sont les conséquences possibles ?

 

Même si grâce à la patience, aux compétences éducatives de ses maîtres, à l’attachement rassurant qui peut se mettre en place après l’adoption au sein d’une famille, le chien atteint peut évoluer dans le bon sens (habituation progressive) les conséquences d’un syndrome de privation ou de phobies peuvent être dramatiques :

  • Anticipation et généralisation des phobies : le chien qui craignait la voiture développe peu à peu des réactions de crainte dés qu’on approche du garage !
  • Désocialisation du chien, clostration : les sorties, les contacts  deviennent si pénibles que le propriétaire préfère garder le chien   à l’isolement.
  • Troubles  anxieux invalidants : l’animal est en permanence en état de peur.
  • Manifestations agressives avec absence de contrôle de la morsure devenant systématiques lors de confrontation anticipée avec des stimuli anxiogènes.


Que faire pour empêcher l'apparition de ce trouble ?

 

La prévention de ce trouble passe par une bonne sélection des femelles mises à la reproduction, des conditions d’élevage en milieu riche en stimulations analogues à celles du milieu de vie ultérieur (par exemple : vie en milieu urbain et  une habituation progressive aux situations de vie habituelles).

 

Un dépistage précoce est bien entendu réalisé à l’occasion des visites vaccinales ou lors de la réalisation d’un bilan comportemental du chiot. Une visite d’achat est également conseillée. Par ailleurs la loi a instauré depuis peu l’obligation d’un certificat vétérinaire de cession avant la mise en vente d’un chiot (Code rural L. 214-8 et  D. 214-32-2 ; Décret n° 2008-2016 du 25 novembre 2008).


Ces trouble se soignent ils ?

 

Souvent négligés, minimisés par les propriétaires qui choisissent dans un premier temps, par facilité, des solutions d’évitement, ou qui parviennent laborieusement à améliorer la situation mais au prix de solutions inconfortables couteuses en énergie (ne plus partir en vacances avec le chien, ne plus le laisser seul à la maison), ces troubles nécessitent un diagnostic précis.

L’erreur rencontrée est souvent la volonté de se passer de traitement en espérant à tort que cela « passe avec l’âge » ce qui constitue une perte de chance pour le chien.

 

La prise en charge par un vétérinaire comportementaliste et la mise en oeuvre d’une thérapie comportementale passant par des mesures éducatives personnalisées est toujours nécessaire.

 

Le recours aux traitements médicamenteux peut être indispensable et sur un laps de temps conséquent (6 à 9 mois voire plus). Parfois il peut être entrepris à vie. Le choix des médicaments utilisés dépend de l’intensité des symptômes et de l’âge de l’animal à la consultation. Toutefois ces médicaments seuls  sans thérapie ne servent à rien sur le long terme.


Faut il toujours consulter ?

 

Oui et précocement ! Cela donnera de bien meilleurs résultats !

 

Mais attention : toute manifestation de  crainte ne signe pas obligatoirement  un trouble phobique ! Le diagnostic doit être posé correctement. La peur, la crainte sont des réactions adaptatives normales, permettant à l’animal  de reconnaître un danger potentiel et de s’y soustraire à temps.

Il peut aussi  s’agir tout simplement d’un animal de tempérament peu hardi, nécessitant un temps d’adaptation relativement important ou encore d’une éducation inadaptée, parfois de l’utilisation de moyens d’éducation anxiogènes (par exemple un collier électrique utilisé à mauvais escient)...

 

Dans tous les cas, n'hésitez pas à nous contacter si vous avez l'impression que votre compagnon a peur de tout, une prise en charge précoce peut améliorer sa situation.